Gino Gordon ...

... le blogueur qui prêche dans le désert

A midi, en plein soleil

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  • : Dire que le désert est un endroit dépeuplé est un lieu commun. Commun à pas grand monde, d'ailleurs.

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Vendredi 26 juin 2009
Dans le petit boudoir de Mademoiselle,
Nous lisons à quatre mains des textes défendus,
Mis à l'index.

Dans le petit boudoir de Mademoiselle,
J'ai mis le doigt sur un passage sensible
Et voluptueux.

Dans son petit boudoir, Mademoiselle
Philosophe d'une main, et de l'autre caresse
L'espoir de mon retour.

Transmis aux Impromptus
Publié dans : Impromptus
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Dimanche 21 juin 2009
I can tell heaps of stories about my 1/12th youth in England.
My dad was formerly a sailor in the Navy. He had spent a great part of the World War 2 on a frigate, La Decouverte, that was leased to General de Gaulle's navy, the Free French Forces Fleet by the generous British government.
Well after the war, in the sixties, my dad went back to Britain and took me with him for holidays. In August 1966, we drove to Dieppe with our Renault 4, boarded the Falaise and after a four hours journey of delight, disembarked at Newhaven. I had a great time, with a big storm pending and lots of people sick. I remember having a steak and French fried potatoes in the ferry's restaurant. My dad was a great sailor: I never saw him vomit.

Since this first time I crossed the Channel, from the age of eleven till I was sixteen, my parents took a subscription to Seaford for me. Seaford was a charming seaside resort that looked pretty much like my own place: same chalk cliffs, same green lavish sea, same bloody pebbles, same bloody wind in the face, same bloody rain accompanying the wind. Everything was the same, and everything was different, and one month a year, I lived in a parallel world. One month a year was thus 1/12th of my life, it was 6 months all put together, and believe me or not, 6 months in a parallel world is a lot for a teenager.

This was the time of Victorian style worm-eaten threatening hung windows, of Victorian style tuppence, quids and guineas, of Victorian style old ladies with clinking bracelets, purple hair and powdered faces. My teacher, Mrs Protheroe was born with the century. Whenever I came for my daily lesson, she breathed out a strange smell of perfume. From my personal experience, I discovered later – well, not that much later in fact – that what I had thought was perfume was actually gin (*). She was a wonderful teacher. She asked me to read whole chapters of Penguin Books. I still keep some of them, like Doctor Doolittle, Pygmalion or Macbeth, and I still love the penguins on the jackets.

Stepping from Doctor Doolittle to Lady Macbeth took me six years. So did my transformation from a tiny little boy into a wild and soft bearded teen-ager obsessed with sex and popular music. I did very well with music, because my host, a middle aged woman with eccentric glasses (actually everyone had actually eccentric glasses in the late sixties in Britain) worked in a record shop. She used to give me unsold records and thus I became a specialist of not-so-pop music. But the most popular tunes, those I could not afford to buy, were on the radios and I was also a Radio One and Radio Caroline fan.

Regarding my second centre of interest, may be I would have been more successful with girls if I had had lessons with Mrs Protheroe on how to keep my compulsive teenage sex obsession hidden.

So, very rapidly, I had decided to play tennis instead.

(*) Gordon bien sûr - NDT

Thanks to the Impromptus for giving me the opportunity to write in English.
The Falaise
Seaford


Publié dans : Impromptus
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Dimanche 7 juin 2009
— Il s’est dépêché de disparaître avant que l’erreur ait un visage
— Je ne te suis pas bien. Tu l'as vu ?
— J'ai vu sa cagoule. J'ai vu ses yeux noirs et je me suis dit que ces yeux n'étaient pas des yeux mais des miroirs.
— Il t'a regardée ?
— Il m'a regardée longuement. Sa voix était rude et menaçante. Mais il était calme.
— Qu'a-t-il fait ?
— Il nous a demandé de nous allonger sur le sol et de mettre les mains derrière le dos.  Et même ainsi allongée, je sentais son regard qui se posait sur la nuque et me transperçait. Imagine que cet homme a braqué une banque sans détacher un seul instant son regard de moi.
— Tu te fais des idées. Essaie, s'il te plaît, de décrire le plus précisément possible ce qui s'est passé.
— Il est entré. Il parlait fort, et semblait extrêmement agité. Il a dit "ceci est un hold-up, allongez-vous tous". En fait de tous, il n'y avait que le guichetier et deux autres clients qui lui tournaient le dos. J'étais la seule à l'avoir vu entrer.
— Il avait déjà sa cagoule ?
— Oui. Et c'est là qu'il m'a regardée.
— On va le savoir qu'il t'a regardée. Tu as fait ce qu'il t'a demandé ?
— Oui, je me suis retournée et je me suis allongée.
— Et qu'a fait le guichetier ?
— Il lui a dit qu'il n'avait aucun accès au coffre. Il y a eu un grand silence et j'ai entendu l'homme s'approcher de moi. Il m'a demandé de me lever, m'a attrapé par la taille et m'a serrée contre lui. Je n'ai pas eu peur. Puis il a dit "je prends cette femme en otage". Le guichetier a dit "en otage pour quoi faire ?", mais l'homme n'a pas répondu.
— Il t'a fait mal ?
— Non.
— Il n'a rien pris ?
— Non rien, seulement moi.
— Et dans quelle circonstance t'a-t-il laissée partir ?
— Il a d'abord relâché son étreinte et m'a entraînée avec lui à l'extérieur. Il a continué à me regarder et j'ai deviné un sourire sous son masque. Et puis, il a fait quelque chose d'extraordinaire: il a commencé à retirer sa cagoule. Je lui ai dit "mais les caméras ?" et il a répondu "on s'en fout des caméras, erreur de casting, je ne suis pas fait pour ce job". Je l'ai arrêté dans son geste en lui prenant la main.
— Les flics le savent ?
— Non.
— Et les caméras ?
— Elles étaient en panne. Mais ça, je ne l'ai su qu'après. Heureusement, personne ne m'a demandé si je l'avais vu.
— Mais alors, tu l'as vu ?
— Oui.. et non…
— Raconte !
— J'ai donc arrêté son bras. Mais il a continué. Je n'ai vu que son menton et sa bouche…
— Et alors ?
— Il m'a embrassée.
— Comme ça, devant la banque, sous sa cagoule ? Tu t'es laissée faire.
— Oui. Et puis juste après, je lui ai dit "vous savez, tout le monde peut faire une erreur".
— Et puis, …
— Et puis, … il s'est dépêché de disparaître avant que l'erreur ait un visage.


Pour les impromptus
Publié dans : Impromptus
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Dimanche 31 mai 2009
C'est bien Yoan Gouffran qui a marqué sur un goufranc de Yoann Gourcuff, donnant ainsi le titre à Bordeaux. Le gourcuf de Yohann Gourcuff sur passe de Yoann Gouffran n'était pas valable.
Publié dans : Journal
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Samedi 30 mai 2009
— Bon on joue aux ustensiles de cuisine (c'est une idée qui m'est venue après avoir lu une récente consigne des Impromptus). Je dois faire un abécédaire de l'ustensile de cuisine, et toi, tu me dis ce qui te vient par la tête. D'accord ?
— D'accord.
—  C'est parti…
— …
— A comme allumette
— …à faire craquer dans la cuisine
— B comme bain-marie
— … c'est parce qu'il aime lui frotter le dos
— C comme casserole
— … elle va y passer, c'est sûr
— D comme décapsuleur
— … ah,… intéressant…
— E comme écumoire
— … lorsque tu écumais mon boudoir…
— F comme fusil
— … lorsque tu m'as mise en joue…
— G comme grattoir
— … un grattoir à Aïe!… Un peu plus haut s'il te plaît.
— H comme hotte aspirante
— …  hum, je n'ai pas autant d'imagination que toi…
— I comme imbriqués
— … à amadou pour allumer ta doudou ?
— J comme julienne
— …  ne m'appelle pas par mon deuxième prénom, je me sens hachée menu.
— K comme kanoun
— ... mais peut on contenir la braise ?
— L comme Lagostina
— … car Lagostina aime la braise, tout le monde sait ça…
— M comme mortier et pilon
— … je ne vois pas le rapport…
— N comme Nespresso
— … ah non, pas celui-là. T'as pas autre chose (*)  ?
— O comme opinel
— … oui mais contondant, opine-t-elle.
— P comme pot
— … oui, je sais. C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs quoi déjà ?
— Q comme quincaillerie
— … d'accord mais une vraie, pas un bricomachin…
— R comme robot
— … ne me tente pas…
— S comme sautoir
— … ou sauteuse…
— T comme thermostat
— … d'accord mais réglé au maxi…
— U comme ustensile
— … de cuisine, uniquement… J'ai des principes…
— V comme verre doseur
— … l'essentiel c'est dosé…
— W comme wok
— … hum tu cherches à faire revenir ta Julienne …
— X comme Xeres
— … mouais, … dans un vinaigrier …
— Y comme yaourtière
— … c'est meilleur quand c'est fait dans la cuisine…
— Z comme zesteur
— … c'est quoi ce truc là ?

(*) what else ?, dit-elle dans son meilleur anglais...

Publié dans : Journal
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Dimanche 17 mai 2009
Samedi (IKEA, rayon cuisine)

J'ai acheté trois conserves de hareng à la moutarde Senapssill que j'étale délicatement sur du pain nordique, confortablement assis dans un fauteuil Knorr en compagnie d'autres clients. Cette activité, accompagnée de la dégustation de quelques bières suédoise me laisse largement le temps d'attendre que mon meuble Ekdhal soit prêt. D'aucuns me proposent de me céder leur tour. L'hospitalité suédoise n'est pas un mythe.

N.B: Une suggestion d'amélioration: il serait nettement plus pratique d'étaler les harengs avec des couverts qu'avec les mains. Alors, Monsieur Ikea, une fourchette en plastique avec les crayons et le mètre ruban, ça serait bien !
Publié dans : Le billet de Gino Gordon
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Mardi 12 mai 2009
Mardi (coiffeur-L'Equipe Magazine):

Un nageur français a battu de plus de 1 seconde le record du monde du 100 mètres nage libre (à la louche, hein, je ne suis pas spécialiste). Pour limiter la percée foudroyante des combinaisons gagnantes, lesquelles ont déjà évincé en un siècle le costume de bain façon Berck-Plage et le caleçon moulant de Sean Connery, la Fédération Internationale de Natation inclura, dès l'année prochaine, le chronométrage du temps d'habillage dans la performance globale.

(Ümour salle d'attente garanti)

Publié dans : Le billet de Gino Gordon
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Mardi 12 mai 2009
Lundi (dentiste-Le Monde 2):

Les progrès de la génétique nous permettront d'ici dix ans de redonner vie aux mammifères disparus. On prélèvera quelques cellules congelées dans le permafrost et on fera des cultures de mammouths. Les mammouths étaient des animaux très gros et très poilus, mais ça tout le monde est à peu près au courant. Ce que le vulgum pecus ne sait pas – on ne peut pas lui en vouloir, il y a tant de choses à connaître pour être bien éduqué - c'est que ces animaux avaient un transit intestinal très rapide: ils ne captaient qu'une part infime de la nourriture qu'ils avalaient, en d'autres termes, ils bouffaient et chiaient tout le temps. Lorsqu'on aura repeuplé la taïga avec ces animaux de compagnie, ils boufferont du bouleau qu'ils transformeront en matière organique pré-décomposée, laquelle fournira le pétrole de demain.

N.B: il est totalement déconseillé de recongeler un mammouth après l'avoir décongelé.

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Lundi 11 mai 2009
... des mots croisés de Max Favalalla...

Publié dans : Problèmes, devinettes, trucs et astuces
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Dimanche 10 mai 2009
Jeudi (Vétérinaire)

Dans la salle d'attente, je demande à ma voisine la cochonne si elle n'est pas fiévreuse. Elle me dit que non, qu'elle est là pour une ligature des trompes après avoir mis au monde cent soixante sept cochons de lait, en dix-sept portées, tous de pères différents. Je la félicite chaleureusement car tout le monde n'en est pas capable. Elle me confie son inquiétude à propos de son cousin René parti faire de la plongée à Charm el-Cheikh. Je la rassure: la grippe A – appelée à tort grippe cochonne - n'est dangereuse qu'au Mexique.

N.B: Sur le même sujet, j'apprends qu'un Canadien a contaminé un élevage de 150 porcs. L'abattage systématique des Canadiens fait partie des propositions (non retenues) de l'Egypte à l'OMS.

(c'est lourdingue, mais après tout, ... c'est une chronique de salle d'attente...)
Publié dans : Le billet de Gino Gordon
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