Vendredi 12 septembre 2008
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00:08
Cher Gino,
Comment faites-vous pour tenir le coup avec un blogueranque de nain ?
Amy Maisonvin,
Chanteuse exceptionnelle
Ma chère Amie,
Je connais mon futur, ce qui me permet d'être beaucoup plus cool avec le présent. D'ordinaires, les gens sont inquiets de leur avenir et se disent: bouh, ouh, ouh que vais-je devenir ? Alors que
moi, je n'ai aucun problème avec mon avenir. Je n'ai aucun mérite: une voyante m'a un jour prédit la totalité de mon avenir pour la modique somme de 1000 FCFA. Je me souviens fort bien de cette
étrange conversation:
-Vous êtes voyante n'est-ce pas, introduisai-je ?
-Ca dépend, enchaîna-t-elle.
-Ca dépend de quoi, intriguai-je ?
-Ca dépend de ma vision, taglia-t-elle.
-Je ne vois pas ce que vous voulez dire, dis-je.
-Hélas moi non plus, en tout cas pas toujours : je ne vois que ce que je crois, se confia-t-elle à moi.
-Vous croyez, crus-je lui dire ?
-Je ne crois pas, j'en suis sûre. Hé,..., je suis voyante, m'envoya-elle en pleine face !
-Vous n'êtes pas croyante, poursuivis-je.
-Si aussi. C'est justement à ce moment là que je suis voyante, rétorqua-t-elle.
-Vous m'en faites voir, regimbai-je.
-On commence, fit-elle ?
-D'accord, inutile de tourner autour de la boule, admis-je.
Elle me dit alors tout de go que la terre allait disparaître dans un micro trou noir, et moi avec, et même aussi peut-être mon chat, à moins qu'il ne s'accrochât très fort à la vie à l'aide de ses
griffes puissantes.
Je ne l'ai pas crue pendant 30 ans. Mais maintenant, je sais qu'elle avait raison.
Votre inconditionnel
Gino
Mercredi 7 novembre 2007
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17:49
Cher M. Gordon
J'évite soigneusement de faire des commentaires sur votre blog comme vous me l'avez vivement conseillé. J'espère que ça vous fait plaisir. Pourtant, ce n'est pas l'envie qui manque, tant j'aurais
de choses à dire par exemple sur le choix de votre bandeau que vous n'avez pas changé en deux ans et demie. Par contre je vous ai dénoncé auprès du Ministère de la Rectitude Morale et de
l'Immigration Licite, pour votre collusion avec des pays désertiques où rien de pousse, contrairement à notre beau pays la France. Je préfère être franc avec vous, au cas où vous interpréteriez à
l'envers tous les commentaires futurs que je ne vous aurai pas écrit.
J'ai beaucoup aimé votre dernier texte. Je ne me souviens pas exactement de quoi il retournait, mais sur le coup ça m'a fait du bien. Je profite de ce courrier pour vous
demander de bien vouloir parler un peu plus du désert. Je sais, c'est en contradiction total avec ce que j'ai écrit plus haut, mais c'est mon côté rebelle. Vos exercices d'écriture, c'est bien
gentil, mais c'est pas ça qui fait un blogue. Un blogue c'est du vécu, du vrai, de la tripe, du témoignage des turpitudes, avanies et framboises de vos contemporains. C'est une communion avec le
lecteur, des clins d'oeil parfois, une description fine et enlevée de votre vie quotidienne. J'aimerais que vous sortiez du bois pour faire quelques pas dans le sable brûlant, que vous nous donniez
des détails, par exemple la couleur de votre pyjama quand vous devez sortir de votre tente pour aller fumer une cigarette sous la voute étoilée.
Monsieur Gordon, donnez nous du rêve.
Renée, retraitée active.
Ault-Onival, Somme, France.
Ma chère Renée,
Votre lettre m'a beaucoup touché et m'a fait beaucoup réfléchir. J'ai passé une très mauvaise nuit. Au petit matin, je suis sorti de ma tente et j'ai pris une décision grave. Voici une photo de moi
en pyjama. Ne me remerciez pas.
Cordialement.
Gino,
Jeudi 14 juin 2007
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18:53
Cher Monsieur Gordon,
Je vous trouve bien rétif à vous confier. Dites moi donc ce que vous avez sur le coeur, Monsieur Gordon ?
Agent spécial Smith.
Cher M. Smith
Vous avez raison, M. Smith. Il est important de dire tout ce qu'on a sur le coeur. Sur le mien, il y a tout un tas de tuyaux en plus ou moins bon état, des côtes, du tissu musculaire (pas
beaucoup), du tissu adipeux (il a dit peu, mais en réalité il y a en a beaucoup), un derme et un épiderme couvert d'une toison douce et réconfortante, d'un marcel à trous en coton et une chemise de
lin de type saharienne munie d'une poche et d'un stylo. Ainsi, comme vous pouvez le constater, mon coeur est très bien entouré. Il fait son travail de pompe, et en même temps, véhicule (avec peine)
des sentiments depuis qu'on l'a improprement chargé de cette tâche.
Mon coeur va donc très bien, du moins en l'absence d'information contraire, et ce malgré une maintenance assez olé olé. Par contre, si on lui demande son avis, sachez qu'il en a marre d'être
représenté n'importe comment, sous forme d'icônes roses ou de carte postale cheap notamment, laissant entendre qu'il est prêt à se laisser transplanter dans Paris, NY ou un animal domestique poilu.
Non mon coeur ne supporte pas la caricature, sauf peut être lorsqu'elle prend la forme d'une jolie dame à deux têtes car il a une faiblesse cardiaque pour Judith.
Si je laissais parler mon coeur, il aurait une fâcheuse tendance à s'emballer, aussi vous comprendrez bien, cher agent spécial Smith, que je m'arrête là.
En vous remerciant vivement pour votre message cardiaque.
Cordialement,
Gino Gordon
Vendredi 16 mars 2007
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12:01
Mon cher Gordon,
Je suis fascinée par cette nouvelle machine qui se répand dans les boites aux lettres. C'est pas cher: moins de quarante euros chez L'idole. Il suffit de la brancher, de mettre les ingrédients, de la farine toute prête avec la levure de chez L'Idole , et ça évite de sortir, et on peut ajouter des raisins secs et des noix, et on se réveille le matin et hop c'est tout chaud, d'ailleurs tous mes amis en ont un, on fait de sacrées économies, n'est-ce pas Gino ?
Votre amie,
Aurore Dupin , Baronne Dudevant dite George Sand
Chère et exquise Aurore du Pain,
Pour être franc, je n'aime pas le pain de mie humide qui colle au couteau et fait une boule dans l'estomac. J'ai peur de l'électricité. J'ai peur de l'Idole, parce que quand on y entre on est obligé de faire tout le tour pour sortir.
Je préfère le pain du désert, qu'on fait au petit matin, chère Aurore, dans le sable, chère George Sand.
Votre croustillant,
Gino Gordon.
PS: Bon Prince, je vous épargne les jeux de mots sur "Baronne Dudevant" car il y a des limites à ne pas franchir.
Mercredi 14 mars 2007
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19:06
Monsieur Gordon,
Votre compte est débiteur depuis exactement 49 semaines. Notre patience a des limites. Vous êtes prié de mettre des sous, sinon...
Cordialement.
Le Directeur
Cher Directeur,
Vous avez tout à fait cerné la difficulté du blogueur ordinaire, coincé entre sa vie de tous les jours et sa vie électronique. Mon avatar, disons Monsieur Gordon, puisque vous l'appelez ainsi, est une créature romanesque et flegmatique issue d'un cerveau indolent imprégné du climat délétère de Libreville, planqué derrière une machine à écrire Remington, en 1985, déjà 22 ans. C'est dire si Monsieur Gordon dont la tâche essentielle était de traquer l'espion soviétique dans les bars branchés d'Afrique Centrale, n'en avait rien à battre des contingences du pognon.
Aujourd'hui, grâce à l'essor de la thérapie électronique qui permet de libérer partiellement les ego de ceux qui possèdent un ordinateur et une liaison internet au boulot, Gino a pris une nouvelle épaisseur. Mais il doit faire face à plusieurs menaces, outre les quolibets de son directeur de banque. Il doit répondre à des billets imaginaires qu'il s'envoie lui-même. Il doit répondre à des commentaires agréables (avec courtoisie et humour), sur des billets qu'il a composés entre midi et deux ou le vendredi lorsque les derniers invités sont partis. Il doit signer des pages d'écriture dans un blogue avec d'autre schizophrènes. Il doit s'aventurer en dehors du désert, sans réellement s'autoriser le droit de vivre parmi nous, tout en payant des impôts. Bref, il doit exister.
Mais comme disait Bruce Chatwin, le mieux est de marcher car la vie est une traversée du désert. Et comme on est dans un monde imaginaire, vos sous, vous pouvez vous les mettre où je pense, c'est à dire dans un grand trou creusé au milieu de l'Erg Chebi.
Bisous.
Gino Gordon, pour vous, spécialement.
Vendredi 16 février 2007
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21:13
Mon cher Gino,
Ca ne va pas du tout. Où est mon désert ? Je n'entends plus ce bruit cristallin des grains de sables frottant les uns contre les autres à la crête des dunes ? Je ne vois plus Pipo et son skate ? Etes-vous perdu ?
Votre inquiète.
Pauline Crozes-Hermitage, Côtes-du-Rhone, France
Ma chère Pauline Carton de Cibe-Houteye,
J'ai été momentanément abandonné par Chico qui préfère se consacrer à la préparation de son bac de Français. Quant à moi, je fais un détour dans l'alitée rature. Le blogueur dans le désert suit les cairns de l'alitée rature et avance sans regarder derrière lui, mais comme Tintin, il ne se rend pas compte que le monde autour de lui a changé. Le blogueur dans le désert doit donc se munir d'un rétroviseur pour regarder où il met les pieds, sous peine de finir blagueur sans désert.
Hier soir, il y avait du sable dans mes chaussures lorsque je les ai retirées. Tout n'est donc pas perdu.
Votre tintin,
Gino Gordon.
Dimanche 7 janvier 2007
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04:24
Cher Gino Gordon,
J'attends avec impatience vos vœux pour 2007. Je ne peux plus tenir.
Formule de politesse
S. Royal-Menthol, égérie, France.
Chère Madame,
Nous l'avons vu, la recette des vœux n'est pas trop difficile. Mais la question de leur logistique se pose avec acuité.
J'ai vu des vœux se déplacer en chaise roulante dans le désert de Gobi. Spectacle touchant de ces vœux ensablés posté un 30 décembre et qui mirent plusieurs mois à atteindre les portes du Tibet le jour du nouvel an. Tibétain.
J'ai vu des Gigaoctets de bons sentiments se répandre à la vitesse de la lumière sur les écrans d'internautes englués dans une gueule de bois tenace, et se muer en pourriels grouillants de sapins, de rennes et d'émoticons barbus à toque rouge. Dégoûtant.
J'ai vu des vœux arriver avec un an de retard parce qu'ils avaient été envoyés trop fort. Bonne année 2006.
J'ai vu des vœux se tromper de destinataire et me couvrir d'éloges pour mon décolleté et ma beauté sauvage.
Un jour un quidam m'a lancé des vœux en pleine figure. J'ai pu les éviter grâce à Matrix . Je n'avais aucun mérite car j'avais vu le film plusieurs fois.
Un autre m'a adressé en public des vœux sournois destinés à tester mon niveau d'hypocondrie ou connaître mon taux de PSA. Comme je lui donnais des nouvelles détaillées de mon dernier toucher rectal, il a enchaîné avec à propos sur la future carrière de son fils cadet, entré dans une école militaire de renom, paroxysme d'une adolescence boutonneuse vouée aux mathématiques avant une longue déchéance dans un Grand Corps endormi de l'Etat ou une Entreprise Emblématique du Génie Français rachetée par un capitaliste indien collectionneur de lingots.
Vous comprendrez donc mon hésitation à formuler des vœux pour 2007 et dont je ne contrôlerais pas totalement le sens, la direction, la portée et l'usage qu'il en sera fait. Tenez bon quand même. Ca va venir.
Votre voué.
Gino Gordon
Jeudi 2 novembre 2006
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07:27
Cher Monsieur Gino,
Par la faute de mon employeur, Monsieur A., me voici dans le désert et enceinte jusqu'aux yeux. Que dois-je faire ?
Cordialement.
Agar, femme de ménage immigrée, Orient
Chère Madame,
Le désert est un lieu de paix pour l'âme et de tourments pour les corps. Si tes pas alourdis te portent au milieu de l'immensité du désert, tu devras respecter Trois Règles dans l'ordre et dans l'ordre ces Trois Règles du respecteras:
Première Règle: pour une gourde tu passeras
Deuxième Règle: les eaux tu perdras
Troisième Règle: le champagne tu sableras
Les origines profondes de ces Règles sont enfouies sous des tonnes de sable fin et décoratif (avec aussi des caillous de toutes les couleurs pour faire joli).
Votre biblique,
Gino Gordon
PS1 : N'oublie pas non plus d'emporter avec toi ta carte Vitale.
PS2 : Tu diras à Monsieur A. que c'est un beau salaud. Tiens, elle est belle, l'humanité.
Dimanche 22 octobre 2006
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21:35
Mon cher Gino,
Pouvez-vous me recommander un bon désert où je pourrais planter ma tente ?
Abraham, bédouin, Orient.
Mon cher Baudoin,
J'ai consulté attentivement la carte des déserts. Partout, je ne trouve que sécheresse et désolation.
Vous voudrez bien m'excuser auprès de votre tante car sur cette question, je suis complètement sec.
Votre désolé,
Gino Gordon
Jeudi 31 août 2006
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17:05
Chers lecteurs,Pour ce 150ème article, j'aurais voulu faire quelque chose de particulièrement réussi. : une photo de désert où aucun photographe n'aurait mis le pied (de son appareil photo), un dialogue torride entre
Monsieur Toutou et Mademoiselle Zouzou, un aphorisme percutant comme une petite cuillère plantée entre les deux yeux, une devinette plus enigmatique qu'une recette de Françoise Bernard, des lettres de lecteurs hypnotisés par mon style ampoulé....
Mais pas de chance aujourd'hui, je n'ai absolument pas une minute de plus à consacrer à ce blog.
Donc c'est raté.
Désolé.
En plus, le prochain article, si mes calculs sont exacts, sera le 151ème. Chiffre sans intérêt en numérologie (les meilleurs egyptologues vous le diront).
C'est comme ça qu'on loupe les grands rendez-vous de l'histoire.
Crotte.
Votre dépité,Gino Gordon
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