Gino Gordon ...

... le blogueur qui prêche dans le désert

A midi, en plein soleil

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Manège

Dimanche 10 juin 2007 7 10 /06 /2007 20:25

Qin

Mercredi 5 octobre 2005, 15h

Je suis un minuscule grain de sable dans un sablier. Est-il bon de se lier à un autre grain de sable le temps de traverser le goulot ? Ce pilote est un grain de sable particulier collé contre la paroi de verre. Il nous observe et nous compte, mais ne nous juge pas.
Je préfère ce sablier-là aux autobus de la ville.
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Mardi 10 octobre 2006 2 10 /10 /2006 18:18

Mardi 4 octobre 2005, 8h,

Elle est entrée dans ma vie avec un grand vacarme. Comme un mascaret, elle m'a soulevé et m'a laissé tomber.

Elle me regarde mais elle garde ses distances. Je connais bien ses horaires qui coïncident remarquablement avec les miens mais elle n'a pas pour autant bouleversé ses propres habitudes. Elle reste debout sur le château arrière, les yeux pétillants et le sourire de celle qui se remémore d'agréables moments. Avec qui les a-t-elle passés ? Depuis cette comédie en public de l'autre jour, elle a l'air calme.

Combien de temps vais-je encore dérober des instants de sa vie? Elle me les doit, ces instants. Je remplis ma propre vie avec ces minutes volées sur un  bateau, un peu comme un parachutiste assouvit en quelques secondes son intense passion pour le vide. Un plaisir masochiste naît de l'attente interminable, de l'échange rapide de regards, et de la prise de distance qui s'ensuit, dont on ne saurait dire si tout cela est calculé ou naturel. Le temps d'une traversée de quelques minutes.

Peut-être que la vie ne vaut d'être vécue que pour ses rares jalons où les sens attisent les sentiments et les sentiments éteignent la pensée.

La passerelle est tombée comme un couperet.

Elle est déjà très loin.

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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /2006 14:23
Mardi 4/10/2005, très tôt.

Je suis en avance. J’ai garé mon vélo sur le parking. La porte qui ouvre l’accès au ponton est fermée par un gros verrou. Il n’y a personne d’autre que moi et il fait encore nuit.  Le lampadaire attire une nuée de papillons de nuit. Je lis avec peine les petites annonces collées dessus. Rien pour moi. Willy ou Murray va arriver d’ici quelques minutes. Le jour commence à poindre à l’est au dessus du colline rocheuse d’où émergent quelques villas luxueuses. Les perroquets vont entamer leur concert. Ils sont magnifiques mais il chantent comme des casseroles.
Ce pays, c’est Disneyland. Tout le monde il est gentil, les ferrys partent à l’heure, les gens ne resquillent pas, les jeunes marchent pieds nus, les mamans dynamiques poussent des poussettes de compète en tenue de ette (casquette, oreillettes, lunettes), les hommes plus âgés sont vêtus de chaussures de sécurité et de shorts de mickey remontés jusqu’au milieu du ventre.
Ils ont tous l’air de s’emmerder heureux.
Mais au moment où je me parle, le ponton reste désert, car il est trop tôt.
Ma seconde activité, après mon métier de sage femme, consiste à raffermir mes fesses entre cinq et sept heures du matin au milieu de la rivière. Je coupe effrontément la route de Will et de Murray sur mon siège à roulette, avec ma copine Lisa, le cul le plus musclé de la River Rowing Society . Quand je cherche les motivations qui me poussent à me lever à 4h du mat, faire 20 minutes de vélo en pleine nuit, franchir la rivière dans une quasi épave pilotée par un autiste poli, je trouve le plaisir de fendre l’eau calme au petit matin, celui de déchiffrer une partition nouvelle, de tracer un sillon sur une ardoise magique.
Arrive Murray, oreillé d’un walkman, trousseau de clé, deux tours, lumière, moteur. En deux minutes, je suis sur le pont. Cinq minutes plus tard nous sommes de l’autre côté. Dans quinze, le jour sera levé et je viendrai couper la route du ferry avec mon frêle esquif (c’est comme ça qu’on dit). Le temps s’est accéléré, d’un seul coup. L’efficacité au service des lève-tôt.
A huit heures, je prendrai mon service à l’hôpital et je délivrerai les femmes de leur futur fardeau.

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Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 22:23

Date et heure inconnus,

 

Où sont mes clés?

Elle commence à trembler et fouille dans son sac avec fébrilité. Pas de clés. Elle palpe la poche de sa veste et de grosses gouttes de sueur apparaissent sur son front ridé et mat. Elle aborde son voisin, un homme en survêtement, qui lui explique gentiment avec un petit accent sud-américain que ses clés traînent derrière elle, attachés à une petite ficelle. Elle bredouille quelques mots et remet ses clés dans son sac. Elle se met à entreprendre cet allié et lui parle de sa fille qui est loin, de son mari qui est mort. Elle lui demande pourquoi il est là. Elle lui demande pourquoi elle est là. Elle cherche un autre contact visuel et sourit à une paire d'yeux fuyants. Elle imprime un regard insistant et aussitôt, son esprit reprend son vol, laissant les regards se débrouiller entre eux. Avez vous l'heure s'il vous plait ? Elle n'entend pas la réponse. Sa veste est râpée, sa chemise est maculée de petites taches de gras, les cheveux blancs s'éparpillent, les dents manquent, la bouche s'agite dans un mouvement de mastication automatique. Elle explique qu'elle habite de l'autre côté de la rivière à seulement trois minutes à pied de l'embarcadère. Non elle ne traverse pas souvent la rivière, car elle a peur de sortir de chez elle. Elle salue une femme sur la droite et lui fait remarquer qu'elle n'a pas changé. Elle cherche à nouveau ses clés dans sa poche et constate avec soulagement qu'elles y sont encore, puis elle s'enquiert de la durée de la traversée avant de revérifier le contenu de son cabas. Elle parle de sa fille qui est loin, de son fils qui ne vient plus la voir, elle cite les dates de naissance de ses petits enfants mais elle ne se souvient plus de leurs prénoms. Une musique un peu forte s'échappe d'une oreille voisine et elle se met à danser, puis à chanter des chansons d'un autre siècle. Les autres voyageurs écoutent et s'apitoient sur leur propre futur qu'ils imaginent désespéré et solitaire. Leur empathie n'est que conscience de leur propre déchéance.

 

D'un coup, elle s'énerve car le pilote n'a pas encore mis le moteur en route. Elle crie fort et prend chacun à parti. Malgré la densité de la foule, un petit vide s'est formé autour d'elle. Elle se fâche et abreuve le pilote de grossièretés. Les amarres sont larguées. La traversée fait encore monter son angoisse. Lorsqu'elle voit se rapprocher la rive opposée, elle se fraye un  chemin vers la sortie, en poussant violemment ceux qui entravent son passage. Elle invective l'un parce qu'il est trop gros, un autre parce qu'il porte un sac à dos, un troisième qui tente de lui barrer le passage avec un VTT. Elle est la première à descendre. Elle fait alors quelques pas puis s'arrête et regarde partout autour d'elle. C'est l'affolement, puis la prostration et un flot humain continu la dépasse dans une indifférence retrouvée. Un homme la prend par le bras et la conduit un peu plus loin en dehors du passage. Puis un flot inverse d'inconnus remplit le bateau.

 

Elle ne dit plus rien. Elle ne bouge plus. Ses yeux se sont posés sur la vase de la rivière. Elle attend. Puis tout doucement, elle palpe la poste de sa veste. Son regard s'éclaire à nouveau. Elle a repris le fil de sa vie et se met à trottiner pour rentrer chez elle.

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Samedi 23 septembre 2006 6 23 /09 /2006 23:04

Lundi 3 octobre 2005, 17h30

 

Je me sens très déprimée. Personne ne s'en rend compte. En plus je suis blonde, timorée et d'une médiocrité extrême. Cette sorte de péniche exiguë sent le fuel et les odeurs corporelles. Je suis entourée de trente personnes qui scrutent l'horizon ou fixent leurs pieds, excepté un ou deux pervers qui profitent de cette cohue pour reluquer mes seins –quelle idée de porter ce tee-shirt "I ♥ crucifixion", un présent de mon frère gothique-. Je suis un objet inutile comme cette bouée sur son support en inox. Moi, rien ne me supporte et je ne supporte rien non plus.  Ces gens ne voient rien de moi ni de cette bouée. Leurs pensées voguent sur des nefs bien plus belles qui sillonnent des isthmes du bout du monde, en quête d'éternité ou de bonheur. Je suis sûre qu'ils ignorent le nom de cette coquille de noix qui les porte quotidiennement. Je comprends pourquoi cette université est si réputée pour ses enseignements en neurologie : on trouve ici des sujets d'étude munis de toutes les vertus.

On quitte le môle coté université. On glisse sur le flot qui luit sous le soleil du soir. Tout le monde semble se réveiller et les discussions commencent à fuser. Le souffle du vent vient tempérer mes meurtrissures et libère les tensions. Suis-je réellement ce que je crois être ?

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Mercredi 20 septembre 2006 3 20 /09 /2006 08:26

Dimanche 2 octobre 2005, 15h 

Le dimanche est mon seul jour de repos. Mon plaisir est de longer le parc et de flâner en survêtement jusqu'à l'embarcadère de l'Université. De là, je dois traverser le fleuve qui à cet endroit présente un rétrécissement. Le quartier est prodigieusement chic, et la jungle touffue bataille ferme contre les carrés de gazon, les piscines et les abris de jardin. La rivière paresse encore en étirant ses méandres pendant plusieurs kilomètres avant d'atteindre le centre-ville proprement dit, où les bâtiments prennent de l'altitude, par fierté, par mimétisme ou par spéculation sur les terrains. La rivière continue ensuite jusqu'au port pétrolier et se jette dans le Pacifique au milieu des réservoirs de kérosène et des pistes d'aviation.

Le dimanche est mon jour de détente. J'essaie de porter un regard non professionnel sur les touffes d'herbe, les taillis et  les fossés qui m'entourent. Le reste de la semaine, c'est mon travail de civiliser la jungle: je lui donne cet aspect propre et bien peigné, conforme à l'image qu'ont les habitants de leur ville, de leur quartier, de leur rue.

Je traverse peu souvent la rivière en bateau. La plupart du temps, je la traverse en amont ou en aval sur des ponts aveugles à la beauté des rives.

Le dimanche, le bateau me permet d'aller jouer au foot sur la rive opposée avec mes amis du Salvador Socceros Society.

Aujourd'hui, l'attente est interminable. Le bateau stationne sur l'autre rive, indifférent à la foule amassée. Je reconnais quelques têtes – des admirateurs, des enfants -, mais aucun autre joueur.

La vétuste embarcation orange arrive enfin. Je ne reconnais pas le pilote. Probablement un intérimaire, lequel a d'ailleurs quelques difficultés à accoster. La marée est particulièrement basse.

J'observe quelques crabes qui nous observent entre les racines fourchues des palétuviers. Un crabe qui s'arrête de marcher doit forcément penser. A sa note de gaz, peut-être. Nous accostons. Je m'étale de tout mon long sur la passerelle glissante. Je n'aurais pas dû chausser mes crampons si tôt.

 

 

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Mardi 19 septembre 2006 2 19 /09 /2006 07:01

Francisco et Isabelle, Lundi 3 octobre 2005, 7h30

Murray semble grognon et allume clope sur clope, là bas sur le ponton. Un gars drôlement marqué pour son âge.

Quel temps de cochon!

Elle est là, debout contre le poteau, près de la poupe. Elle semble plus calme que l'autre jour. Elle ne m'a pas vu. Je me résous à l'aborder.

-Bonjour, excusez mon audace de vous adresser la parole. Je m'appelle Paco. Votre anecdote de l'autre jour m'a amusé. Cependant j'eus adoré en entendre la chute.

-Bonjour, je m'appelle Za. Vous m'avez vue complètement bourrée, et vous me voyez à présent très embarrassée. 

-La chute, je vous en conjure. Je ne pense qu'à ça tous les jours.  

-Vous avez de drôles de pensées.  

-Allons, Za, ne m'abandonnez pas. Vous avez devant vous un être en manque.  

-Vous m'agressez presque !. Quel manque de décence de la part d'un étranger! D'accord, je reprends mon propos. Cependant, je vous demande dorénavant de ne plus m'adresser la parole.  

-D'accord, Za. Je brûle d'entendre le dénouement et je me soumets à votre volonté.  

-Je reprends donc:  

La promenade passe devant l'enclos des poules. Comme par hasard, deux poules, une rousse et une blanche sont là :

 - J'adore ces poules, ce sont sûrement d'excellentes pondeuses !! 

 - Ah ça, répond le paysan, surtout la rousse. 

 - Et la blanche ? 

 - La blanche ?  (songeur...) la blanche également... 

 Toutes les bêtes, de couleur blanche ou rousse, sont passées en revue au cours de cette promenade, avec toujours cette réponse étrange du paysan. N'y tenant plus, le type demande alors : 

 -Quel est donc votre secret ? Pouvez-vous démêler ces propos nébuleux ? 

 -Pour sûr, répond le paysan, toutes les bêtes rousses, celles que vous avez vues au cours de cette promenade, je les possède toutes. 

 -Ah bon, je comprends à présent ! Et les bêtes blanches ? 

 Les blanches ? (songeur...), les blanches également.

Paco regarde Za et ne prononce aucun mot. Le bateau a traversé le cours d'eau sans encombre et déjà, Murray lance les amarres. 

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Samedi 16 septembre 2006 6 16 /09 /2006 08:41

Jeudi 29 septembre 2005, 18h15

La nuit tombe très vite. Nous sommes très nombreux à attendre sur la berge. On peut s'asseoir dans l'herbe et regarder les lumières de l'autre côté. Il n'y a pas un bruit. Nous sommes une cinquantaine pourtant, murés dans notre silence et dans notre vie. Quand le bateau arrive, la file se forme et la coque de noix se remplit. Nous sommes les dernières à monter. Le bateau et plein à craquer. Le chef refuse quelques passagers qui devront attendre une dizaine de minutes de plus sur la berge. L'ambiance est tendue à bord, comme si nous faisions notre dernier voyage. Et toujours ce silence.

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Vendredi 15 septembre 2006 5 15 /09 /2006 07:39
Jeudi 29 septembre 2005, 13h

Je suis à la bourre total. A cette heure-ci, faut rester cool. Je n'ose demander à Will d'éteindre sa cigarette et de mettre le moteur en route. Surtout qu'une magnifique créature s'annonce sur la rive. Hâte-toi, Mademoiselle, sinon je vais faire la traversée au milieu des mères de famille et des retraitées en survêtement rose. Ce con de Will avec ses lunettes noires, il n'a rien vu, tout à sa lecture des annonces du jour. Et voilà, il a mis le moteur en route. Mais regarde bon sang, ouvre les yeux. Ah, il l'a vue ! Ben ouais Will, t'en vois souvent des filles comme ça sur ta coque de noix ? Où t'as mis ta monnaie Will ? Mais quel boulot à la con! Remarquez, je ferais mieux de me la fermer. Un cours d'anglais,  trente chinois, dix fois dans la semaine, ça c'est un vrai boulot, hein ? Cette fille me fait énormément d'effet. Il faut absolument que je l'aborde sinon c'est foutu. Si je la rate, je ne la retrouverai qu'au bout de nombreuses semaines de quête harassante. Merde, on est déjà arrivé. Encore une journée de fichue. Demain, je change de métier.

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Jeudi 14 septembre 2006 4 14 /09 /2006 08:44

Mercredi 28 septembre 2005, 17h30

- Purée, quelle atmosphère morose ? Tout comme ces gens vautrés sur des bancs d'avant guerre.... Ces types me foutent le bourdon. Allez, tu me racontes une blague pas drôle pour me remonter le moral ?
- [....]
- Tu n'en trouves pas, c'est çà ? Tu n'as qu'à raconter des blagues débordantes d'humour déjanté. Des blagues épatantes, super drôles, à se tordre par terre,  comme celles de mon beau-frère ?
- [....]
- Ca ne te branche pas ?! Les anglo-saxons ne comprennent pas l'humour de mon beau-frère. Tu comprends ce que je te raconte ? OK, d'accord, tu comprends. T'es pas forcée de me répondre surtout ?
- [....]
- (
s'adressant à Murray, absorbé par la lecture du journal):  Le bateau est encore à l'accostage ? C'est plus l'heure de glander, Murray. Ma bagnole m'attend de l'autre côté et les courses , elles, n'attendent pas (Murray se marre).
- (
en grande forme) : On va les casser en morceaux, tes matelots, avec mes blagues de potache. Bon alors je raconte :

Elle commence. Tout le monde écoute dans le calme pendant que le bateau se met en route.

Un type va à la campagne et rencontre un paysan légèrement délabré avec une grosse barbe (on s'en fout de la grosse barbe, c'est juste pour planter le décor).

-Le type : Bonjour, c'est bath chez vous (dans le monde rural, bath est encore à la mode). Vous en avez de belles juments dans votre pré !!

-Le paysan : Ah pour sûr (dans le monde rural, "pour sûr", ça marche encore pas mal...). Surtout la rousse.

-Le type : Et la blanche ?

-Le paysan: la blanche ? (songeur...) la blanche également...

Reprenant leur bavardage, nos compères s'approchent de l'étable où deux vaches broutent des trucs sur le sol (de l'herbe peut-être).

- Le type : Ces vaches sont superbes, pour sûr (...) !!

- Le paysan : Ah certes (dans le monde rural, "certes", c'est comme "pour sûr" ).  Surtout la rousse.

- Le type : Et la blanche ?

- Le paysan : La blanche ? (songeur...) la blanche également...

La promenade passe devant l'enclos des poules. Comme par hasard, deux poules, une rousse et une blanche, attendent la future remarque du promeneur sagace.

- Le type : Ces poules, je les adore, elles pondent sûrement des oeufs du tonnerre, ah certes !!

- Le paysan : Ah ça (dans le monde rural, "Ah ça", c'est bon pour le suspens).  Surtout la rousse.

- Le type : Et la blanche ?

- Le paysan : La blanche ? (songeur...) la blanche également...

Le type ne comprend pas et commence à s'énerver franchement..............



Les gens se pressent pour descendre. Personne n'a entendu la chute car le brouhaha est trop fort.

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